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Résumé café-philo - Page 5

  • "Chaleur, bonheur, amour" Café-Philo du 11/09/2010

    Café philo du 11/09/2010.

    CHALEUR, BONHEUR,AMOUR.

     

     

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         Trois notions simples et communes dans la langue française. Avec ces trois notions, peut se faire un noeud de trèfle. Un noeud se serre et pour le dénouer, il faut comprendre la façon dont il est fait. En philosophie, cela s'appelle une aporie. Ce n'est pas simple à dénouer. "Je n'ai pas parlé, c'est trop difficile pour moi". Une réponse négative. Parler c'est avoir à dire quelque chose, proclamer une parole, pour laquelle je souhaite qu'elle soit accueillie par une autre oreille... Parler à l'oreille, c'est autre chose qu'écrire et coucher les paroles sur une page blanche.

         La chaleur, c'est tangible. Elle sert à se réchauffer, à faire la cuisine et rend les choses que nous mangeons bonnes. Elle sert au corps et à l'âme qui sont unis. Le bonheur est moins simple à définir. Il est ressenti, c'est un sentiment dont il est souvent question. Avoir le bonheur de vivre sans souffrances, sans les misères qui occupent nos vies, les soucis qui sont des obstacles au bonheur, qui "rongent l'âme". Le bonheur est fragile. Le travail est immense pour le garder longtemps indemne. Il fonctionne par instants successifs. " Mon travail dans l'entreprise ne me procure aucun bonheur", nous confie M. Le prisonnier, l'esclave sont des individus privés de bonheur. Les signes du bonheur se lisent sur les visages. Le bonheur à un rapport à l'image et peut être voilé ou découvert, discret ou exubérant. L'enfance, la virginité, le paradis sont des métaphores du bonheur. G. pense que sans ce ressenti, l' humanité serait impuissante, morte. Le bonheur pour être réel, ne saurait être un artifice et comme "Les paradis artificiels" de Beaudelaire. La cause est ailleurs, invisible, réelle et pour laquelle la lutte est une nécessité. L'amour introduit un espace pour se réunir  plusieurs, sur un point commun qui est neutre et à l'écart des contrariétés parasites. "Aimer, c'est donner raison à l'être aimé, même s'il a tort". Ch. Péguy. Socrate, dans le Banquet sur l'Amour, contrarie et agace Agathon, le Bon. Malgré cela, il dit l'aimer, peut-être par jalousie, à cause de la beauté de l'artiste poète, qui réunissait les foules avec ses drames tragiques. Le philosophe n'attirait pas les foules. Aimer l'autre comme soi-même. Trouver du soi-même chez l'aimé, suppose la négation de la différence et l'effacement de la volonté dans l'acte d'amour. La reconnaissance se fait à ce niveau de la neutralité et de la confiance. L'amour supporte la différence par un refus de la rencontrer. "Aimer c'est donner ce que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas".J. Lacan. Une formule japonaise qu'il citait, dit: "Je te demande de refuser ce que je t'offre parce que c'est pas ça". L'amour supplée. C'est sa fonction au-delà de la jouissance. "Justine ou les malheurs de la vertu" du Marquis de Sade, parce qu'elle croit à l'amour, résiste à tous les supplices qui lui sont infligés des sordides amants. 


         Conclusion. Malgré leur supposée banalité, ces trois notions sont difficiles. Elles ont l'avantage d'éviter le tragique et de mettre la comédie en valeur. Le froid de la mort, le malheur de la maladie ou la haine de la guerre, n'avaient pas leur place ici. Cela voudrait-il dire que la philosophie doit faire un barrage efficace, contre les facteurs des dégradations qui sont de l'ordre de la régression dans le mauvais sens, parce qu'ils blessent ou nuisent à la vie temporelle des humains?


    Synthèse de Georges Dru.