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Résumé café-philo - Page 2

  • Les sceptiques

          LES SCEPTIQUES

    Le scepticisme est une lutte contre les apparences des savoirs et Claude L nous en a fort bien parlé. Elle a marqué qu'il y avait une frontière entre les sceptiques de l'antiquité et les sceptiques qui sont arrivés après le cogito de Descartes.

    Le sceptique ne supportait guère les croyances et armait sa faconde pour rendre son adversaire peu crédible.

    Le sceptique vise tous les imposteurs potentiels, qui font leurs discours pour paraître supérieurs avec le savoir, en face d'un public moins informé, qu'il peut toujours soumettre à des illusions.

    Les spécialistes redoutent les sceptiques, qui les attendent au tournant pour démonter et mettre en pièces leur savoir. Mais de nos jours, cet usage de la parole juste des sceptiques, se fait plus rare.

    Nos savants ont des supports scientifiques derrière lesquels ils se rangent et qui neutralisent la réfutation. Aussi la valeur même du savoir est de moins en moins noble.

    L'ego sans la cogitation, est plus performant à l'image que le savoir qui rentre en scène pour apporter des solutions aux problèmes techniques, de la santé, de l'éducation, de la communication, des transports, des conflits des personnes, des conflits sociaux et internationaux...

    Il semble que les sceptiques aient pris leurs distances et sont de moins en moins influents. Ils sont tout de même localisables dans certains groupes, où ils apportent des critiques qui font barrage à la naïveté des uns et objection aux illusions des autres.

    Pour le sceptique, c'est la suspension du jugement qui est importante et la maîtrise des émotions qui est nécessaire. Le "je pense" et "la certitude" sont une question de point de vue et sont voués à la disparition.

    Le sceptique n'admet pas non plus la nostalgie et il assume sa durée de vie limitée. Il sait qu'il est mortel et il sait aussi que  trop souvent, nous voulons oublier cette douleur d'y penser.

    En conclusion, le scepticisme est assez salutaire pour nous aider à sortir du fleuve de la subjectivité et pour cela, il exige un long apprentissage. Nous ne rencontrons plus de sceptiques aujourd'hui, comme  ceux qui aimaient tant la vie pour la célébrer au fil du temps, comme leur unique règle à suivre.

    Georges Dru.

    Résumé du café-philo du 07 mai.

  • Le scepticisme et la croyance

    le scepticisme et la croyance

     

     

         Il fut un temps où "Les Pensées" de Blaise Pascal étaient un guide pour les égarés de la Raison et de la Religion. Les avoir sous les yeux le 11 décembre 2010, cela aurait mis du sel à nos divers débats. La "Faiblesse de croire" se serait rehaussée dans nos bouches et nos
    certitudes seraient devenues raisonnables.

         Le scepticisme a aussi du bon. Avec quelle école nous élever jusqu'à Pascal ou Nietzsche aujourd'hui? Si les philosophes sont si nombreux et si médiatiques de nos jours, c'est qu'il n'y a presque plus de philosophie autre part qu'au Vatican, comme l'a dit Angéla, ce samedi 11 décembre 2010.

         Merci à Carole pour nous avoir offert ce débat et nous avoir révélé que le philosophe se doit de rester subversif. Ce qui à mon sens ne veut pas dire, que le discours du philosophe ait vocation d'atteindre les foules. Ce serait le signe de sa faiblesse, nous dirait Platon. Les foules aiment les discoureurs et le spectacle dramatique et comique. Lire la conclusion de Socrate à la fin du Banquet.

         Le philosophe, au contraire, voulait montrer à chacun la route du bonheur découvert par les lois de la Raison, qui a pour lieu la Parole, le logos en grec ancien. Les premiers chrétiens naissaient dans les lieux de ce savoir et Saint Jean, l'évangéliste, dit: Au commencement était le Verbe. Ce qui veut dire: La tête est la Parole et il ajoute: le Verbe était Dieu. Et, qui est ce Dieu dont parle Saint Jean?

         C'est ce Dieu qui s'était adressé à son prophète, cet homme égyptien du nom de Moïse, né hébreu et recueilli sur les berges du Nil par la fille de Pharaon. C'est de cette façon que commençait la tradition judéo-chrétienne, dont le destin a été d'achever les anciennes civilisations. Nous en gardons les débris un peu partout dans le monde. Donc, après  avoir constaté cela, sommes-nous là pour détruire, déconstruire et achever la civilisation du 20° siècle, qui a laissé une histoire choquante, c'est le moins que l'on puisse encore dire?

         Aujourd'hui, ce qui est le souci prégnant est le climat d'un départ tourné vers une autre toute puissante hégémonie technique, informatique, astronomique et globale. Peut être trouvera-t-elle dans ses possibles les moyens d'abolir et d'interdire les guerres et les destructions de la nature sur la Terre. Je plaide pour cela et si le savoir des philosophes peut y contribuer, tant mieux. Or, nous savons déjà assez que quelques intérêts en jeu dans la post-modernité, ne sont pas fondés sur une réflexion décisive et capable de protéger, ni de comprendre la nécessité de protéger autrui.

         Le bonheur a le sens d'une réussite matérielle, éphémère et finie et apprendre à vivre ensemble sans préjugés ségrégatifs et culturels, libérés des intentions de prestiges ou commerciales, ce sont des espaces encore inexplorés. Dès lors, instituer les nouvelles pratiques philosophiques pour que se recrée la vie du sujet, semble avoir bien occupé les journées internationales de l'UNESCO à Paris les 17, 18 et 19 novembre 2010.

         Des philosophes de  toutes les nationalités, ont fait dans leur langue des réponses, qui ouvrent à l'intelligibilité d'une humanité, dont le principe fondamental serait une éducation comprise dans la volonté de la Raison par le dialogue. Former les enseignants philosophes et les enfants aux habitudes de la réflexion, selon celles des philosophes, commence maintenant à se répandre avec les Nouvelles Pratiques Philosophiques, que nous suivons ici et là. Romain Jalabert et Gunter Gorhan travaillent cela à Philolab, dans le cadre de Philocité.

    Voir philolab@wanadoo.fr.

         Je vous conseille vivement d'aller visiter le blog: Agora philo Lyon, sur Google,  mis à jour et animé  par Nelly T.

    *Merci pour votre fidélité à Agora Philo Lyon et Bon Noël. *

     

    Georges Dru

  • Les images, les illusions et la réalité

    arbre-illusion.jpgLES IMAGES, LES ILLUSIONS
    ET LA REALITE.

     

    Café-philo du 8 janvier 2011

     

     

    Ce texte est écrit avec les notes que j'ai prises au cours du débat.

    C'est Geneviève M. qui propose ce thème à trois concepts philosophiques, très contemporains : Les images, les illusions, la réalité.

         Elle présente trois séquences empruntées au théâtre, Antonin Artaud qu'elle cite, puis à la littérature et à l'actualité écologique.

         L'humanité ne veut pas se donner la peine de vivre, d'entrer dans le coudoiement des forces..., d'en tirer un corps qu'aucune tempête ne renversera. Tout, tout peut être sans se donner. Elle rappelle "La vie des formes", avec les icônes de la chrétienté, la Vierge peinte sous une certaine forme, plus véritable et plus humaine.

         De l'illusion, elle dit qu'elle serait en fait la base de la société.

         La question qui vient, c'est : COMMENT S'INSCRIRE DANS LA REALITE ET ETRE PLUS ATTENTIF A NOS ILLUSIONS ?

         Le temps vécu pour créer et préparer la vie qui devient de plus en plus sérieuse par rapport à la conscience d'une limite certaine, la vieillesse et la mort. A trente ans et à soixante ans, le sujet ne doit plus avoir les mêmes points de vue.

         C'est avec tout ce que l'on peut préparer pour pouvoir être, qui compte pour chaque individu et qui joue avec notre fragilité. Mais la croyance n'est-elle pas un fait d'illusion ? La religion est appuyée sur le temps vécu et sur un avenir où elle figure la vie éternelle après la mort. Est-ce une hypothèse ou une illusion auxquelles elle exige d'avoir foi.

         La philosophie émet à cela une réserve. L'illusion, c'est nous qui la créons et comme les rêves, c'est très personnel et imaginaire. Nous savons que la confiance est aveugle et il y a un point d'achoppement. Ainsi pour les modernes, la réalité est devenue scientifique et vérifiable, c'est-à-dire utile et attachée à la prospective du moment, c'est à dire, une réalité limitée.

         Mais, l'icône géorgienne de la Vierge, comment, aussi, participe-t-elle de la réalité ?

         C'est par la beauté, ce qui est difficile à définir ensemble. Elle est l'inscription d'une image symbolique dans la réalité de la mère du Dieu de l'humanité. Elle est à la fois irréelle et dit aussi quelque chose de notre réalité.

         De quel point de vue regarde-t-on ?

         L'artiste crée des images, qui construisent les illusions et le plaisir. De ce qu'on se construit comme réalité à soi, l'artiste en crée une image, pour que nous puissions avoir une critique sur nos illusions. Mais le monde, c'est-à-dire, les autres, les amis et les ennemis n'existent pas si je suis tout seul et il n'y a plus de réalité sociale et économique. On le voit là, le coudoiement, les limites comme un couloir et les retours de bâtons qui arrivent au cour d'une existence.

         La technique de la mise en scène du théâtre et plus encore, du cinéma avec la dimension de l'optique fabriquent à outrance des illusions de l'histoire passée et du présent des divers lieux de la planète, qui semblent tellement réelles. Ainsi elles prennent de la puissance, si l’on en vient à ignorer le coudoiement véritable.

         Alors, est-ce que l'on a conscience de nos illusions, que si nous faisons une sortie de l'instant onirique commun, comme c'est le cas dans l'allégorie de la Caverne de Platon ? Il y a donc un aspect divin dans l'instant créatif de l'Homme, qui transcende le temps et la réalité. En exemple, Geneviève M. a proposé de considérer la réalité de certains faits, qui posent une question à double sens, dans la réalité de la production agricole industrielle du maïs transgénique au Brésil, qui y est faite pour répondre à certains besoins planétaires, en raison de la faim dans les pays sous-développés. Cette question est politique et éthique et exclut la morale, alors que la religion est respectée au Brésil.

         Mais ce récit tragique convoque la sensibilité de ses lecteurs, comme un conte populaire. Une mère et son fils vivent dans un lieu où la culture du maïs transgénique environne la maison, voit s'anéantir sa pratique artisanale de la fabrique traditionnelle de galettes de maïs et de la vente locale qu'elle en faisait. C'est à son fils qui emportait les galettes au village, qu'elle en confiait la vente. Il rapportait l'argent à sa mère.

         Or, en traversant les champs du maïs transgénique, l'enfant eut les jambes brûlées par des produits chimiques spécifiques pour cette culture. Sa mère dut le faire soigner à l'hôpital dans une ville lointaine et de ce fait, la poursuite de leur commerce fut alors abandonnée. Ce récit tragique pourrait être la mise en scène de l'adversaire politique monstrueux, dont la violence serait impitoyable pour la population qu'il devrait protéger.

         Cette scène est bien prise dans la réalité politique, celle qui veut aider l'humanité qui souffre de la faim, mais sans prévoyance pour la réalité traditionnelle qu'elle occupe. La mère et son fils ignoraient les risques de brûlures causées par cette nouvelle culture du maïs transgénique. Pour eux, le maïs naturel n'agressait pas la peau.

         Notons que c'est par la presse télévisée que nous avons eu ces informations, donc une mise en scène des professionnels de l'image. Ce reportage entre dans la collection des récits populaires pour alarmer les parents, des dangers que leurs enfants peuvent rencontrer, au-delà de la nature qui en apparence, paraît bonne ou belle. Le fantasme de la faim dans le monde et la culture du maïs transgénique pour le neutraliser, dissimulerait celui des produits toxiques qui brûlent la peau, encore inconnu pour eux. Comment distinguer les deux cultures du même maïs ?

         La faim et les produits toxiques tuent et nous sommes tous censés le savoir ou en être informés. La fin des illusions fait que nous percevons la réalité et c'est le travail des artistes de produire les récits qui nous inscrivent dans la réalité, lorsque subsiste la corruption. Car, il arrive que l'ignorance du danger, soit comblée par nos illusions, et que l'on ne se réveille qu'au moment où la mort frappe à la porte.

    Merci à Geneviève M, pour sa force de persuasion et sa vive sensibilité pour nous éveiller.

    Georges Dru.