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La philosophie Arabo-musulmane

 

LA PHILOSOPHIE ARABO-MUSULMANE.

 

Ouverture

 

 

Nous allonaverroes.pngs voir dans cette présentation de la philosophie arabe, qu’elle peut se rencontrer sous des titres divers. Philosophie gréco-arabe, philosophie musulmane et philosophie islamique.

 

"La philosophie arabe" serait le meilleur titre à donner, parce qu’une majeure partie de cette philosophie fut écrite et s’écrit encore dans cette langue, même lorsqu’elle est accompagnée par le Coran. Mais je remarque que dans ce cadre des révélations coraniques, la philosophie n’a pu prendre de distance et devenir indépendante de la religion musulmane, ni réfuter aucune de ses valeurs morales. Pour cette raison, d’une part nous trouvons la philosophie gréco-arabe et d’autre part la philosophie musulmane.

 

C’est avec Averroès, mort en 1198, que se remarque cette limite qui sépare les deux. Après il est difficile de trouver de véritables systèmes philosophiques fondés sur une dialectique, ou qui seraient éloignés de la religion musulmane. Averroès était le Commentateur du Philosophe, Aristote, fondateur d’un système cosmologique et d’une psychologie de tous les êtres vivants. Donc, nous verrons l’influence, ou mieux, les emprunts que faisaient les "latini", les théologiens, aux philosophes arabes, comme un Albert le Grand et un Thomas d’Aquin, à Avicenne. Puis nous verrons comment se répandit la philosophie des grecs, d’Aristote à Plotin, dans la langue arabe. En particulier à Bagdad au VIIIème siècle de l’ère chrétienne.

 

Ensuite, à la fin de l’exposé, un bref survol permet de voir comment des historiens de la philosophie permirent d’entrer dans cette autre civilisation arabe, avec les travaux qu’ils firent tout au long du XXème siècle. Cela permet de mieux comprendre, c'est-à-dire, de nouer les trésors spirituels et culturels, qu’ont conservés la langue arabe et la philosophie musulmane. Dans la mesure du possible, nous avons suivi une approche holiste, pour laisser de côté les approches apologétiques. A cette présentation devraient s’ajouter d’autres articles philosophiques sur Ibn Sina et Ibn Rushd, entre autres.

 

 

imagesCA5ID4M6.jpgLa philosophie gréco-arabe, qui est commune à la philosophie européenne, est celle que nous voulons présenter dans cette ouverture. D’avance, je m’excuse auprès des spécialistes orientalistes, pour mes faibles connaissances en la matière sur la culture arabo-musulmane. Celle-ci reste encore une inconnue pour la plupart de nos contemporains. Un grand nombre de raisons font qu’il en est ainsi, bien que les ambitions coloniales aient disparues et que la définition des nations indépendantes soit généralisée toute la surface de la Terre. Mais subsistent des clivages nouveaux, comme ceux des pays alignés et des pays non-alignés et toujours la grande distinction entre le orientaux et les occidentaux. Une unique politique mondiale, n’est qu’un rêve chez des individus qui ont la faiblesse de ne savoir supporter la multiplicité des points de vue et qui réduisent toutes les traditions culturelles et leur résistance, soit par une idéologie, soit par la transformation technique du monde.

 

Les arabes, peuple venu d’Orient et de l’Asie, s’implantèrent en Afrique du Nord, remontèrent en Espagne et dans le Sud de l’Italie et de la France. Dans le Haut Moyen Age, il y eut multiples emprunts culturels et scientifiques, effectués par l’Empire Germanique et l’église de Rome aux sources arabo-musulmanes. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny de 1122 à 1156, demanda que l’on traduise le Coran de l’arabe en latin, traduction qui fut faite en Espagne. A partir du XIème siècle, jusqu’au XIVème siècle, il est difficile d’ignorer la présence des multiples traces de la pensée scientifique et philosophique gréco-arabe. Abélard, Albert le Grand, Guillaume d’Auvergne, Thomas d'Aquin, entre autres philosophes, se référaient à la philosophie arabe, surtout pour parfaire leurs connaissances de la philosophie d’Aristote. Mais aujourd'hui, certains intellectuels semblent vouloir ignorer les apports de la philosophie gréco-arabe, que les latini importèrent dans leurs enseignements. Au contraire, le théologien Ernest Renan, rendit compte au XIXème de la polémique de “l’Averroïsme latin”, propagée sur Siger de Brabant, qui causa une condamnation de 219 articles philosophiques, en Mars 1277, jugés hérétiques. L’enquête fut conduite par Etienne Templier, évêque de Paris.

 

imagesCAO8XIPT.jpgLa philosophie gréco-latine et gréco-arabe que connaissaient les latini était celle d’Aristote, qui était le disciple du “divin Platon”. Ce titre, lui avait été donné par l’école d’Alexandrie. Trois écoles étaient alors réputées : Athènes, Antioche et Alexandrie. Pour les philosophes médiévaux, la philosophie gréco-latine était d’abord transmise par Boèce, l’auteur de : “La consolation philosophique”. Il avait traduit du grec au latin, “Les seconds analytiques” d’Aristote, auxquels s’ajoutaient les écrits de Porphyre sur la logique d’Aristote. La référence de Boèce était considérable pour les philosophes médiévaux, car il avait fait ses études à l’école d’Athènes. Mais il eut un triste sort, fut condamné et exécuté par son tyran Théodoric, en 525. Cette transmission de la philosophie gréco-latine aux philosophes du Moyen Age, se limitait aux livres de logique du Philosophe. Les autres livres d’Aristote, comme le traité de l’âme, la physique, le traité des animaux, la métaphysique, les deux livres de l’éthique, les traités d’économie, de rhétorique, de poésie, de politique et le pseudo-traité de théologie, n’étaient pas encore connus ou pas traduits du grec au latin. En réalité, la théologie d'Aristote serait une attribution erronée, d'après A.M. Goichon.

 

Or, les philosophes arabes les connaissaient déjà par Al-Kindi, traduits dans leur langue, souvent en provenance du syriaque, par des traductions qui étaient faites à Damas. Pour cette raison, la richesse des bibliothèques arabes, surtout à Bagdad, grand centre des traductions du grec à l'arabe, contenaient des connaissances scientifiques inédites et très appréciées par les latini, mais aussi des erreurs. De cette source très appréciée par Albert le Grand se transmettait les connaissances aux étudiants de Paris. Mais, son élève, Thomas d’Aquin, dut corriger les erreurs d’Averroès, le Commentateur d’Aristote.

 

Un préjugé doit être examiné maintenant, car il établit comme une imagesCAZSNGDO.jpgévidence, que la présence du Coran, le Livre qui est à l’origine de la religion musulmane et en constitue sa base dogmatique et théologique, aurait fini par neutraliser et écarter les sources de la philosophie grecque et latine. Les deux autres religions monothéistes, juives et chrétiennes, les auraient au contraire gardées, en raison du fait qu’elles eurent un fond linguistique commun, celui du logos grec. La religion musulmane aurait absorbé, sans la distinguer à part, la philosophie gréco-arabe et l’aurait ainsi assimilée avec l’organisation culturelle et sociale du Coran, dans la perspective d’une cité musulmane universelle. Mais, ce n'est pas ce propos qui doit être développé maintenant.

 

Du XIème siècle au XIVème siècle, l’église de Rome établissait son pouvoir spirituel et sa juridiction, avec une ambition qui visait aussi l’universalité, fondée sur les enseignements des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont les origines étaient bien enracinées dans la "koiné" grecque par les Pères de l'église, comme un Paul de Tarse. Mais la philosophie, n'était jamais considérée autrement par les latini, que comme la servante de la théologie.

 

Comme nous l’avons dit plus haut, des erreurs avaient été relevées par Thomas d’Aquin, dans la philosophie traduite de l’arabe au latin et surtout en provenance de Cordoue. Averroès n’aurait pas lu Aristote, comme les latini le lisaient, avec leurs nouvelles traductions du grec au latin. Les commentaires des traités et de la métaphysique d’Aristote, que faisait Averroès, qui argumentait  sur l’éternité du monde, le mono-psychisme et la béatitude de l'âme, prenaient l’allure d’un scandale avec Bonaventure.

 

Ceux-là donnèrent l’occasion de nombreuses crises à l’Université de Paris. La première eut lieu en 1270 et la seconde en 1277, toutes les deux sous l’autorité de l’évêque de Paris Etienne Tempier. Il obtint la condamnation de 219 articles de philosophie jugés hérétiques. Les philosophes Siger de Brabant et Boèce de Dacie prirent la fuite pour ne pas être jugés par les inquisiteurs. Ils étaient des averroïstes convaincus et avaient écrit des traités qui contenaient les erreurs du Commentateur Averroès.

 

En 1270, la crise avait déjà proposé la condamnation des articles philosophiques, cimagesCAVZZTWS.jpge qui donna à Thomas d’Aquin l’occasion d’être rappelé de Naples à Paris, pour y enseigner une deuxième fois et d’écrire son livre polémique contre Averroès. Il fallait faire oublier cette philosophie du philosophe arabe, à cause des erreurs signalées par Thomas ; c’était une nécessité pour l'église du Christ Jésus de Nazareth. Donc, après Thomas, la philosophie d’Aristote transmise par les latini serait corrigée des erreurs du philosophe arabe. De fait, Aristote ne pouvait pas connaître les prémices de la théologie chrétienne, transmises au premier siècle par les épîtres de Paul de Tarse, de Pierre et de Jean. Voie ouverte par des fondements de  christologie et de sotériologie, dont les Pères de l’Église avaient reçu et transmis l’héritage. Ceux-là n’étaient pas destinés à entrer dans le message de l’Islam. C’est ainsi que s’élevait une véritable domination historique de l’église de Rome, voire des églises, chargée d’une espérance universelle, qui s’exprime encore dans l’islamophobie de nos jours.

 

Maintenant, nous entrons dans le domaine de la philosophie gréco-latine que connaissaient les philosophes arabes depuis le VIIIème siècle, jusqu’au XIIème siècle et qui avait une bonne considération pour les théologiens philosophes. Averroès mourut en 1198 et la philosophie des musulmans n’était pas atteinte par les erreurs que dénonçaient les latini au cours la seconde moitié du XIIIème siècle.

 

D’ores et déjà, nous relevons certaines variantes des interprétations chez différents auteurs, car dans un article, Jacques Derrida, philosophe, rapporte que les philosophes arabes n’avaient pas retenu la pensée politique d’Aristote. Mais, Abdurrahmân Badawi, traducteur et éditeur des textes anciens de la philosophie gréco-arabe, cite un ouvrage qui recueillait les sentences d’Al-Mubassin, qui montrait un Aristote soucieux de politique, à cause de ses relations étroites avec son disciple Alexandre le Grand. Nous pouvons supposer que la politique, qu’elle fut pratique ou spéculative, déterminait les niveaux du comportement pour les grecs et les romains, selon leur groupe d’appartenance de citoyens libres ou esclaves.

 

Comme les philosophes médiévaux appréciaient la science des arabes, les philosophes arabes avaient estimé la science des philosophes grecs. Citons maintenant :"La métaphysique du Shifâ", aussi appelée : "Le livre de la guérison". Il fut traduit à Tolède vers 1130, par Gundissalinus, qui écrivait en latin une traduction castillane de Jean de Séville, un juif converti, Ibn Dawûd, qui lisait l'arabe. Ibn Sinâ, l’auteur du Shifâ, nommé Avicenne par les latini, mourut en 1037. Mais sa métaphysique connut une grande importance, pour ainsi dire égale à celle d’Aristote et ne fut traduite qu’au cours du XIIIème siècle. Avant d’écrire le "Shifà, écrit de jeunesse, Ibn Sinâ, médecin, aurait lu, selon ses propres dires, la métaphysique d’Aristote quarante fois. A.M. Goichon, qui publia en 1933 son étude sur la philosophie d'Ibn Sinâ, remarque que “l’apport néo-platonicien d’Avicenne trouvait un terrain plus préparé que son apport aristotélicien”. Etienne Gilson remarquait aussi, “Dans l’état actuel de nos connaissances, on ne peut citer un philosophe chrétien du XIIème siècle, qui ait suivi la doctrine d’Avicenne jusqu’au bout”.

 

Sans être en mesure de bien savoir traiter la question des traductions des livres arabes en latin, nous allons donner quelques indications sur les traductions des sources de la philosophie grecque en syriaque et en arabe. Le problème de la traduction des livres grecs à l’arabe se faisait avec plusieurs livres du même texte. Sur la base de ceux-ci, le traducteur établissait un nouveau texte dans la langue grecque, avant de traduire son texte en arabe.

 

imagesCA4FAV7G.jpgLa littérature était abondante pour faire des traductions, gréco-arabes, qui provenaient des sources syriaques ou grecques. Du grec, les sources syriaques aurait été traduites par des chrétiens de Syrie. Donc, par cette voie, la philosophie des grecs étaient passée, soit par le syriaque ou l’arabe. Ainsi, l’on découvrit un grand nombre de livres apocryphes, qui étaient attribués à Platon et Aristote. Ceux-là remplissaient les bibliothèques de Bagdad, qui était le grand centre des traductions de livres en arabe.

 

L’opinion ordinaire voudrait que la philosophie des grecs, traduite par les arabes, en offre la restitution exacte. Or, ce n’est pas le cas, car les traducteurs y apportaient des modifications de vocabulaire, propre au génie de leur langue sémitique. Mais aussi, des livres d'auteurs  inconnus ont été retrouvés dans les bibliothèques arabes. Sur la fortune de ces fonds de la philosophie des grecs, une nouvelle philosophie plus authentique et plus proche du génie scientifique des arabes, s’était instituée dans les écoles, avec les grands maîtres, dont les noms ne sont pas tous connus. D’ailleurs, pour se rendre compte de ces variations, il suffit de lire: "Les sentences de Socrate pour guérir les tristesses", composées par Al-Kindi et publiées en français. Un riche talent de l'écriture comble le lecteur de bonheur.

 

 

Innovations, paraphrases, commentaires étaient des formes courantes de la composition chez les philosophes arabes. Mais je ne peux entrer ici dans le détail et l’analyse de ces différentes pratiques de l'écriture. Je renvoie donc au livre d’Abdurrahmân Badawi : “La transmisson de la philosophie grecque au monde arabe” . Dans ce livre, l’auteur qui est aussi l'éditeur des auteurs arabes, rend compte des philosophes grecs qui ont marqué d’une acculturation hellénistique les philosophes arabes. Il y remarque que Platon fut moins traduit que Plotin et Aristote, dont les livres, surtout de logique et de rhétorique, connurent une influence authentique. Des livres apocryphes circulaient aussi, en provenance d’Alexandrie, que les philosophes et les théologiens commentaient ou citaient, comme: “Le livre des causes ” et "Le livre des 24 philosophes", très connus dans la littérature du haut Moyen-Age.

 

La philosophie des arabes se serait arrêtée après la mort d'Averroès. Mais, la philosophie des arabes ne fut pas absente de l’histoire de la théologie chrétienne, qui pouvait alors : “suivre Aristote jusqu’à un certain point”. “Reste que dans cette théologie de l’histoire de la philosophie, le seul héritier de l’hellénisme, est le christianisme” nous dit Alain de Libera, historien de la philosophie médiévale.

 

 

Cette occultation s’était faite sous la domination des deux religions chrétienne et musulmane. Remarque qui peut n’être qu’arbitraire, si elle n’est pas suivie par d’autres explications. Comme nous l’avons dit plus haut, Thomas d’Aquin, Docteur angélique, qui avait ouvert sa polémique contre Averroès, qui était mort en 1274, fut canonisé en 1323. Puis, sa philosophie fut proclamée officielle par l’Eglise de Rome, alors que les averroïstes étaient poursuivis et condamnés au même titre que les autres hérétiques. Or, il fallait attendre en Europe, le XIXème siècle et le philosophe Hegel pour commencer à introduire la philosophie de la religion et une histoire de la philosophie de l'Esprit. Au cours de ce même siècle, le théologien radical Ernest Renan ouvrit une enquête sur l’averroïsme latin. Mais sa version des faits est restée très controversée. D’autres auteurs ont fait des études, comme le dominicain Pierre Mandonnet sur: "Siger de Brabant et l’averroïsme latin". Puis en 1905, Léon Gauthier découvrait Averroès au Maroc et en commença une traduction de l’arabe au français. Vers 1930, A.M.Goichon, dans un travail d’analyse qu’elle fit sur Avicenne redécouvrit à nouveau la profondeur de la métaphysique du Shifà.  Avicenne, le philosophe de référence pour les théologiens du XIII siècle, surtout pour Albert le Grand et Thomas d’Aquin, parce que sa métaphysique, appuyée sur celle du Philosophe, contenait aussi les apports du néoplatonisme. Elle fit la découverte que fut attribuée à Aristote une théologie empruntée aux Ennéades de Plotin. En1937 l’on célébra le millénaire de la mort du grand philosophe arabe et  alors ce fut l’occasion pour les orientalistes arabisants, comme Louis Gardet et Georges C. Anawati de contribuer à la découverte des livres de Ibn Sinâ, "à qui ses contemporains faisaient l'honneur de lui décerner le titre de "Prince" (ar-ra'is)". Georges C. Anawati traduisit "La métaphysique du Shifà" de l’arabe au français et plus tard Henri Corbin, apporta de nouvelles contributions qui permirent de découvrir les autres faces iraniennes de l’œuvre du philosophe arabe.

 

 

De fait, la philosophie arabo-hellénistique ne pouvait signer la fin de averroes 2.jpgla philosophie musulmane. En 1939, Henri Corbin, après avoir appris la phénoménologie au contact de ses traductions des conférences de Heidegger sur: "Qu'est-ce que la métaphysique", partit à Istanbul pour y découvrir la philosophie islamique. Puis c’est à Téhéran qu’il continua une enquête de découvreur et de passeur du Shî’isme duodécimain, de la gnose ismaélienne  et  du Kalam sunnite. Ainsi il découvrit une philosophie prophétique, qui préexistait à la philosophie gréco-syriaque et qui fut reprise par le prophétisme islamique. Puis Henri Corbin succéda à Louis Massignon à l’école des hautes études et le nombre de ses travaux sur la philosophie islamique recouvre maintenant toute l’histoire de cette philosophie écrite en persan et en arabe, qui n’était pas encore transmise à nos écoles européennes. Une riche réserve spirituelle, qui est sans commune mesure avec ce que nous croyons savoir de l’Islam, restait alors ignorée de nos Universités occidentales. Mais, les préjugés sont impuissants pour rendre compte de la vie spirituelle, s’ils ont d’abord l’intention de la détruire.

 

En conclusion, de ce parcours trop superficiel de ce qui devient maintenant: "La philosophie islamique", puisque les termes de "La philosophie arabe" ne sont plus appropriés pour l’exprimer. La philosophie arabe, nous l'avons dit, s’appuyait sur le savoir grec traduit en langue syriaque par les chrétiens, puis en arabe, voire en arabe directement.

 

Averroès était le commentateur d’Aristote et le plus fidèle de tous les philosophes pour reproduire le sens de la rationalité d’école du philosophe de Stagire. Les grands dialogues de Platon furent connus plus tard, après Aristote. Le déclin chez les arabes de la science des grecs serait dû à une prévalence du prophétisme et de l’imamologie. En raison de cela, la référence au prophète est capitale pour comprendre la science divine, dont les hommes sont les destinataires, qu'ils soient lecteurs du Coran ou auditeurs des imams. Dans le contexte actuel de la culture arabo-musulmane du monde musulman, l’Islam aurait à subir un autre déclin par rapport au savoir du Prophète Muhammad et des imams, sous la pression des préjugés modernes à qui manquent les références. Donc, nous avons toujours à apprendre des richesses de l’Islam des prophètes et des imams et c’est certainement ce que notre modernité s’efforce de ne pas recevoir. Or, les théologies juives, chrétiennes et musulmanes, sont autant d’œuvres à déconstruire que la philosophie platonicienne.

 

Toutes les théologies et l’Islam aussi, gardent des contenus spirituels qui ont des valeurs éthiques pour des héritiers qui ont la vocation et la force de les assumer. Après, pour les témoins de la véritable vie spirituelle qu'elles contiennent, quand elle est reconnue, elles deviennent une vérité essentielle pour vivre avec les autres, l'espérance d'une vie éclairée par l'amour et la raison.

 

Lyon le, 27 août 2013.

 

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