26.01.2012
"La désobéissance", Compte-rendu du souper-Philo du 26 novembre 2011
COMPTE-RENDU DU SOUPER PHIL
DU 26 NOVEMBRE 2011
THEME : "La Désobéissance"

La rencontre a débuté par la projection d’un passage du film documentaire sur la "Désobéissance civile" (film de Louis Campana), abordant le sujet sous l’angle historique, juridique et philosophique.
Georges Dru a ensuite donné des indications étymologiques à propos des verbes obéir et désobéir, et une définition du concept de désobéissance. Cela a permis de lancer le débat, qui s’est engagé principalement sur l’aspect social et politique, à travers quelques exemples concrets tirés de l’histoire de certains peuples (Inde, Afrique du Sud, Amérique…), ainsi que de l’actualité.
Nous pouvons citer certaines phrases recueillies pendant ce débat : "Obéir, c’est rester dans le droit chemin, désobéir, c’est prendre des risques», "La désobéissance est-elle toujours suffisante ?", "La désobéissance engendre la violence. Y a-t-il des violences légitimes ?", "Parfois, une forme de violence est nécessaire pour se faire entendre, pour permettre le débat", "On entre en désobéissance, car on a des convictions", "La désobéissance comme refus pacifique de ce qui ne correspond plus à nos valeurs, est-elle encore suffisante aujourd'hui ?", "Quand on n’est pas le plus fort, on peut être le plus malin ; quels sont les chemins de traverse ?", "Le savoir peut-il aider à stopper l’impression de fatalité imposée par un pouvoir tyrannique et/ou totalitaire ?","La désobéissance peut-elle conduire à la mise en place d’autres alternatives, actives et constructives ?", "La désobéissance, c’est une façon d’arrêter de subir", ou l'inverse de tout le temps subir.
Désobéissance collective : "Le mouvement de masse permet d’obtenir la négociation".
Valeur de la désobéissance : "S’élever contre l’indigence, l’indignité".
Les échanges ont été très enrichissants, et se sont poursuivis avec un bon souper improvisé par tous les participants.
Merci à Pierina pour ce rapport concis. Pauline m'a dit: "Désobéissez, vous ne désobéirez jamais assez". C'est une provocation à laquelle je vais tenter de répondre. Pour ma part, j'y ajoute que le concept d'obéissance est entré dans la langue pour légiférer en 1120 l'église de Rome. Il provient du latin: "obœdire", qui signifie "écouter" en Hébreu, dans la Bible. Vers 1280, désobéir entre dans la langue, trois années après une grande crise théologique de la faculté de Paris.
Des articles philosophiques sont condamnés par le pape à la demande de l'évêque Etienne Tempier. Dès lors ce concept a d'emblée une signification négative qui l'oppose à l'intentionnalité ecclésiastique et à son infaillibilité. Cette grande crise dans l'Université de Paris en 1277 était causée par des philosophes, qui enseignaient la philosophie en provenance des commentaires d'Averroès, mort en 1198, un arabe de Cordou qui transmettait la philosophie d'Aristote. Siger de Brabant en était le principal responsable et dut fuir Paris pour ne pas être sous les foudres de l'Inquisition.
Désobéir n'a plus le même rapport au monde et je vais dire pourquoi : Les discours infaillibles sont lourds d'une intentionnalité cachée qui exige la soumission. Ils demandent au sujet de produire avec un ordre qui le rend coupable de ne pas obéir. Or, si l'ordre qui est donné met en jeu la vie du sujet, il cède et fait ce qui lui est demandé pour garder sa vie sauve. C'est ce que demandent tous les pouvoirs, sans même en réalité menacer le sujet de mort, mais d'être privé d'une reconnaissance.
La désobéissance peut être soupçonnée de déviance ou de faire acte de résistance, de surdité ou d'insoumission, de désertion... C'est de la qualité persuasive et infaillible de l'ordre que dépend la désobéissance, qui est soit une réaction juste, soit au contraire qu'elle serait animée d'une intention de détruire infaillible. Si une politique autorise la désobéissance et fait que le meurtre, la vengeance, la destruction soient permis sans jugement et sans discerner le bien du mal, elle devient irrecevable devant la Loi.
La désobéissance devient alors un devoir de survie pour tenter une sortie du cauchemar. Cette fuite signifie qu'il ne faut pas céder sur son désir, puisque la vie du sujet se voit menacée de mort. Pourquoi resterait-il, là privé de la reconnaissance par l'autre, dans une absence totale d'égalité et d'ouverture vers un futur meilleur.
Instaurer la confiance réciproque, c'est sortir de l'absurdité d'une situation invivable et dans ces conditions, la désobéissance trouve une face réelle positive. Les mystiques trouvent cette réciprocité de la béatitude infinie dans l'âme, qui est le lieu de l'incarnation du créateur Dieu. Mais je puis dire que sans la connaissance que j'ai de la philosophie du Moyen Age, je ne pourrais écrire cela. Comme les philosophes contemporains le disent tous, notre monde est désenchanté aujourd'hui et surtout matérialiste et surtout productif de valeurs financières et surimpressionné par l'infinité des savoirs d'experts qui se présentent comme infaillibles aux médias.
Merci pour m'avoir poussé à dire si loin dans la désobéissance, mon point de vue. Il ouvre à la vie politique et c'est bien sur ce fond qu'ont porté les propos de chacun, du point de vue social ou soit plus personnel. Je dirais que c'est la parole du sujet qui veut se faire connaître en raison du fait qu'il a reçu un nom, une fonction et des responsabilités...
Donc, avec ou contre un ordre des choses, il rentre en action. Il peut aussi bien le faire que ne pas le faire et c'est sa jouissance de la vie qui vient toujours en premier. Or cette jouissance peut vouloir ou bien ignorer d'autrui, la vie.
En face de l'absence d'amour, désobéir devient une nécessité et cela parce que c'est la tyrannie, la colère et le mépris qui défont la loi. Donc, il y a carence de Loi ou de Nom. Il n'y a plus de reconnaissance du nom et il n'y a plus que la violence dangereuse, meurtrière entre les groupes d’individus ou entre les individus. L'individu, sujet, s'auto-réfléchit et c'est ce qui est insupportable dans une telle absence de politique ou règnent aussi une absence de règles juridiques. Les étrangers peuvent se trouver soumis à de telles inégalités, donc exposés à des conditions de survie qui les obligent à la désobéissance sociale.
Les immigrés, comme les déportés désobéissent pour retrouver dans l'intime ce qu'ils ont perdu, de droits et réclament avec plus ou moins de patience, que leur être de parole soit reconnu dans un pays d'accueil. La désobéissance fait symptôme où il y a une absence d'égalité des droits.
Le mutisme en est une forme, comme voler ou se suicider. C'est la désobéissance des lieux concentration pénitenciers. En ce cas, le négatif ne vient pas de la seule désobéissance. Parler, échanger, vivre, si cela devient interdit ou proscrit, alors la désobéissance devient fatalité ou une déviance qui détruit la vie du sujet qui renonce alors à ses obligations véritables.
Eichmann, pour sa défense, lors de son procès à Jérusalem, pouvait dire qu'il n'avait fait qu'obéir comme l'avait écrit Kant dans ses théories de philosophie morale. Désobéir serait donc la vérité pour la survie, qui s'opposerait à la violence du sacrifice humain, mais au contraire, imposerait le respect du plus faible...
La véritable obéissance devrait conduire chacun jusqu'à ce point d'une servitude aimante. Ceci dit, démontre qu'il est encore possible d'obéir à un mensonge, au lieu de désobéir par la loi de l'amour...
20:09 Publié dans Résumé café-philo | Lien permanent | Envoyer cette note
08.12.2011
Les Nouvelles Pratiques Philosophiques 2012
LES NOUVELLES PRATIQUES
PHILOSOPHIQUES
Agoraphilo Lyonentre dans le champ des Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) de Philolab. Ces dernières s’adressent tant aux enfants qu’aux adultes. Ainsi la philo entre-t-elle dans les écoles, les collèges et les lycées; et encore dans les entreprises ou même dans les lieux de soins et d'incarcération. Le mouvement des N.P.P propose une revue en ligne "DIOTIME", qui peut être consultée sur Internet. Philolab participe chaque année - en novembre - à la journée mondiale de la philosophie, organisée par l’UNESCO.
Agoraphilo Lyonest une Association Loi 1901 qui ne reçoit aucune subvention afin de rester indépendante. A ce jour, son financement se limite aux seuls apports financiers des membres et des participants. C’est pourquoi les demandes d’adhésions sont les bienvenues et il suffit pour cela de s’adresser au siège de l’association :
34 rue Tramassac
69005 LYON
Tel : 06.78.84.14.83.
Les activités d’Agoraphilo Lyon concernent aussi bien le social que le culturel(1). En France, au sein des lycées, des universités et des facultés, des enseignements de philosophie sont donnés dans le cadre de la préparation d’un diplôme. Ainsi y a-t-il beaucoup de professeurs de philosophie, mais finalement peu de philosophes. La démarche dite de la "Philocité" est particulière car elle ne "professe" pas… Elle propose seulement à chacun, diplômé ou non, de se mettre à la tâche… de philosophe. Et de s’entraîner, dès lors, à la discipline d’une parole qui n'est pas une parole "savante", mais une parole "authentique" jaillie de l’être qui vit, et exigeante afin de prévenir tout enlisement dans des discours superficiels . Toutes les philosophies du monde se rencontrent au-delà des discours communs.
Parmi les "Nouvelles Pratiques Philosophiques" mises en œuvre depuis quelques années par Agoraphilo Lyon – soit la Philocité - on peut citer les cafés-philo avec thèmes et débats, les randos-philo, les séminaires-philo, les cinés-philo, des théâtres-philo et les consultations-philo à la demande. A Lyon, deux cafés-philo ont lieux le deuxième samedi de chaque mois.
Les thèmes des cafés-philo sont en général choisis par les participants. Des films peuvent servir de support, comme pour le thème du "Désir et les illusions", qui sera traité le samedi 10 mars 2012.
A noter qu’au mois de mars, c'est l'anniversaire de la mort de Socrate, 399 avant J.C.
Les randos-philo permettent de philosopher tout en marchant, dans un environnement naturel, comme le faisaient les anciens grecs.
Les séminaires-philo permettent d’accéder, pour ceux qui en manifestent l'intention, à un savoir éthique, par la lecture et l’écriture de textes philosophiques. Pour l’année 2011-2012, c’est Spinoza qui a été retenu. Les réunions ont lieu tous les deuxième vendredi du mois, au 34 rue Tramassac, (Lyon 5ème), de 18 à 20 heures. (Code porte: 5982). Métro D, station Vieux Lyon.
Quant aux consultations-philo, elles permettent de rencontrer un philosophe pour évoquer tel ou tel problème particulier et entrevoir si possible les différentes façons d’avancer.
Un Philostival international se tiendra pour la deuxième fois à Lyon, les 2 et 3 juin 2012. Y participera également le café-philo de Marseille ; d’autres devraient s’y joindre comme ceux de Paris ou Narbonne, etc. Titre du programme : "Le féminin dans les Nouvelles Pratiques Philosophiques". Enfin, des cafés-philo et des rencontres-philo sont prévus au début de juillet 2012 dans les Monts du Lyonnais, à Montrottier, dans le cadre de l'association: Entre Terre et vents. S'ajoutent les rencontres de Revel, qui rassemblent plusieurs cafés-philo, les 21-22-23 juillet 2012.
Pour vous informer, vous pouvez consulter le blog:
http://cafesphilocolloques.hautetfort.com
Ou la presse.
Vous pouvez également demander des renseignements à :
Tel : 06.78.84.14.83
Mail : g.dru@orange.fr
(1) Les philosophies pratiques, font œuvre d’interrogation et d’affinement pour corriger les faillibilités du culturel médiatique et vulgaire.
00:08 Publié dans Les Nouvelles Pratiques Philosophiques | Lien permanent | Envoyer cette note
07.12.2011
Les nouvelles pratiques philosophiques novembre 2011

Bonjour,
Les 11èmes rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques auront lieu les 16 et 17 novembre 2011 au siège de l’UNESCO à Paris.
Cette année, il n'y aura pas d'ateliers de communications auxquels vous pourriez assister comme auditeur.
Exceptionnellement, ces rencontres seront essentiellement l'occasion d'un travail des différents chantiers de Philolab (échanges, réflexions communes, construction de documents, etc) : Philocité, Philotravail, Philoécole, Philocursus, Philosoin et Philoformation.
Ces chantiers sont ouverts à tous ceux qui souhaitent y contribuer. Pour en savoir plus sur leur programme de travail : www.philolab.fr
Quelques démonstrations de pratiques à visée philosophique avec des enfants (méthode Tozzi, Lipman, Brénifier, atelier de l'AGSAS, etc.) seront également présentées.
Vous aurez également la possibilité d'obtenir gratuitement le CDRom des rencontres NPP de l’année dernière, que nous n'avons pu vous envoyer à tous cette année faute de moyens financiers.
Si vous souhaitez participer à ces 11èmes rencontres et aux travaux des chantiers, vous pouvez dès à présent vous inscrire sur le site www.rencontrespratiquesphilo.org. On vous demandera alors à quel chantier, prioritairement, vous souhaitez participer.
Philolab coorganisera par ailleurs une journée de réflexion sur « L’égalité des chances à l’école : quelle égalité ? quelles chances ?» avec le CIPH le 18 novembre à l’UNESCO.
En espérant vous retrouver nombreux pour ce temps de travail et de réflexion commun,
L’équipe de Philolab
Pour soutenir l’action de Philolab, c’est ici
23:37 Publié dans Les Nouvelles Pratiques Philosophiques | Lien permanent | Envoyer cette note


